
Je crois que le meilleur moyen de le savoir est de le vivre un jour. Vous pouvez aller voir des photos de camp pour vous vous en faire une petite idée. Mais voici déjà l'historique du scoutisme.
Certains textes peuvent vous surprendre. Ayez alors l'obligeance de les lire jusqu'au bout pour être certain de ne pas vous méprendre quant au sens que j'ai voulu leur donner.
Sommaire:
Naissance du Scoutisme
La loi scoute de BP
Evolution du Scoutisme: Les scouts de France
Le Père Sevin
La guerre mondiale
L'Après-Guerre
Naissance des Scouts
d'Europe
Naissance des SUF
L'évolution
des SdF
Les différentes associations
Scoutes
Les Scouts d'Europe
Les SUF
Les
Scouts de France aujourd'hui
Les
Guides de France
Les
Scouts de Riaumont
Les Ecuyers de St Michel
Les Scouts St Louis
Au camp, tout doit être fait par notre propre travail.
Inutile de renier nos origines, le scout est un éclaireur. Dans l'armée, c'est ainsi que l'on appelle un homme qui va de l'avant pour découvrir l'ennemi et informer ses chefs de tout ce qu'il a pu apprendre à son sujet. Mais l'armée n'est pas seule à avoir besoin de Scouts. En temps de paix, il y a des hommes qui s'exposent à toutes sortes de fatigues et de dangers pour le salut des autres, explorateurs, marins, missionnaires, qui affrontent volontairement des périls pour une noble cause. Ces hommes agissent ainsi parce qu'ils aiment se dévouer pour servir un bel idéal.
Il semble relativement facile de faire de grandes choses quand on a le coeur ardent et plein de générosité. Pourtant nul n'est capable de les réaliser s'il ne s'y est pas entraîné de longue date. Les explorateurs, les pionniers et les missionnaires sont familiarisés avec la jungle et la forêt. Ils en comprennent la vie, savent trouver partout leur chemin, comprennent le sens du moindre indice et de la moindre trace d'homme ou d'animal. Ils peuvent veiller à leur santé loin du secours de tout médecin; ils sont forts et résistants; toujours prêts à faire face au danger et à s'aider les uns les autres. Ils ont l'habitude de tenir leur vie entre leurs propres mains et en font joyeusement abandon s'ils peuvent ainsi obéir à leur idéal.
Ils abandonnent tout, leur confort et leur désirs afin d'achever leur oeuvre. Ils ne font pas cela pour leur amusement, mais parce que c'est leur devoir envers Dieu, leur Patrie, leurs chefs, leurs frères!
Les scouts sont des jeunes garçons de 12 à 17 ans qui décident de vivre un peu d'aventure, qui savent quitter la télévision et décliner quelques soirées pour préparer leur camp, et l'effectuer dans les meilleures conditions possibles.
L'Histoire de France est remplie des exploits de ces premiers scouts de la Nation française, Bayard, Du Guesclin, les Croisés, qui tous ont répandus dans le monde l'idéal de la chevalerie. Mais il n'est pas besoin de remonter ausi loin: Dupleix aux Indes, le Cardinal Lavigerie en Algérie, Galliéni à Madagascard, Lyautey, le père de Foucauld. Voilà de grands nom de scouts. Sainte Jeanne d'Arc, Religieuses, Missionnaires et Infirmières dans le monde entier... ces femmes sont des exemples tout autant pour nous.
La vie de Scout est pleine de grandeur, mais nul ne peut la mener s'il ne s'y est préparé. D'ailleurs le scoutisme est très utile dans toutes les professions. Pasteur, par exemple, n'a pu faire de grandes découvertes que parce qu'il savait observer de petites choses comme le font les scouts. Ceux qui réussissent sont ceux qui peuvent mettre au service d'une volonté forte des qualités de débrouillardise, d'attention, d'observation et de déduction.
Beaucoup de mots ont pu vous choquer, c'est vrai. Nous parlons de Patrie, d'exemple de fameux militaires , de Dieu, et de chevaliers... Je ne sais très bien d'où viens qu'aujourd'hui les militaires aient aussi mauvaise publicité, pourquoi est-ce que le mot patrie est banni du vocabulaire comme s'il évoquait le fascisme allemand, pourquoi est-ce-que Dieu lui-même est tellement refusé... Si tout cela vous choque, prenez le temps de quelques explications...
A QUOI SERT LE SCOUTISME ?
Où çela nous mène-t-il ? A devenir des petits militaires ?
Evidemment non. La principale fonction du Scoutisme est EDUCATIVE. Toute la
pédagogie scoute est centrée sur le scout dont on cherche l'épanouissement
personnel. Son éducation vise à faire de lui ce qu'on appelait
autrefois un "honnête homme", un citoyen, un adulte responsable...
un homme qui aura le sens du service, tourné vers Dieu. On peut oser
affirmer que le scoutisme fait des hommes d'élite (tels que tout homme
devrait être).
A ceux qui comparent hâtivement le scoutisme à l'armée,
nous répondrons que bien que les deux se ressemblent - avec une structure
hiérarchique claire, des uniformes, des courses en forêt - l'armée peut parfois
avoir un but d'uniformisation et d'effacement de l'individu pour former des
hommes efficaces, (elle a pourtant donnée de nombreux grands chrétiens),
alors que le scoutisme est au service de cet individu, cherchant non pas à
le faire rentrer dans un moule, mais à lui faire découvrir ce
qui fait sa spécificité, tout en lui donnant une éducation
solide, complémentaire (et surtout pas paliative) de celle des parents.

Tout commence par
l'histoire d'un homme. Enfant, il aimait jouer dans les taillis broussailleux
où il tendait des pièges à lapins. Il apprit ainsi à
ramper en silence, à reconnaître sa route, à lire les traces,
à faire du feu facilement camoufable, à se cacher.
Cet homme est anglais,il se nomme BADEN-POWELL.
Il devient militaire, et général de l'armée coloniale anglaise.
C'est en 1900, pendant la guerre du Transvaal en Afrique du Sud , lors d'un siège qu'il eut à soutenir à MAFEKING contre les Boers (Hollandais), que notre histoire fait ses premiers pas. B.P (c'est ainsi que tous les scouts l'appellent (bi-pi)) était si démuni de soldats qu'il dut envoyer sur le front tous ceux dont il pouvait disposer. Il arpenta les rues de la ville de Mafking, et ramassa tous les jeunes garçons désoeuvrés, qui traînaient dans les rues, pour leur confier des missions d'éclaireurs, d'estafettes. Ceux-ci s'en tirèrent fort bien, et la ville fut sauvée. Mais ce fut surtout grâce à l'ingénuosité de BP, qui face à 9 000 soldats (il en comptait pour sa part seulement 1500, et 8000 indigènes inexpérimentés) joue l'audace et le bluff, et par ruse trompe l'ennemi. En Mai 1900, après 8 mois de siège, il est vainqueur!, et non seulement, mais il a immobilisé 9000 boers qui n'ont pu servir ailleurs.
Il est acclamé en héros à son retour, et des jeunes garçons lui demandèrent des conseils de vie par courrier. Il prend ces demandes au sérieux, leur répond d'abord de toujours chercher à faire une bonne action par jour à son prochain, "un bon tour". Vu l'intérêt qu'il avait éveillé chez nombre de jeunes, il tente la première expérience sérieuse du Scouting du 25 Juillet au 9 Aôut 1907 sur l'île de BROWSEA. Il y réuni des jeunes, l'aventure, et un idéal... et ça marche! Les garçon sont pourtant issus de tous les milieux sociaux... (Les 4 premières patrouilles étaient le Corbeau, le Courlis, le Loup, et le Taureau). La promesse sur son honneur de faire toujours de son mieux y fut matérialisée.
En 1908, Sir William Smith (fondateur des boy's brigade) lui demande d'écrire, et BP publie les bivouacs, les chapitres bimensuels d'un livre: Eclaireur. Le livre fut publié à plus d'un demi-million d'exemplaires du vivant de BP en plus des traductions faites dans plusieurs langues. A cette occasion, BP crée les 5 buts du Scoutisme (Santé, Sens du Concret, Personnalité, Service, Sens de Dieu), les 10 articles de la loi scoute, qui sont positifs, n'engendrent aucune interdiction, ne faisant que proposer au garçon une règle de vie que ce dernier promet de mettre en pratique de son mieux, et une organisation convenable (32 garçon maximum, subdivisés en patrouilles de 8). Plus tard, ils furent classé en 3 degrés pour des raisons psychologiques: louveteaux (8- 11 ans), éclaireurs (12-17), routiers (17 et +). Un mouvement se développe sans qu'il s'y attende. Devant la masse de travail qui lui est demandée de toute part (garçons, puis filles), il démissionne de l'armée en 1910. Le roi d'angleterre prend le mouvement naissant sous son patronnage: quel encouragement! Alors il travaille. Ce qu'il veut, c'est permettre au garçon de mener lui-même son bateau. Pour cela, en développant les qualités d'éclaireurs par le jeu et non par le travail, il veut donner le goût au jeune garçon d'aimer à faire les choses, au lieu d'avoir à les faire.Il espère ainsi qu'en marchant vers son maximum personnel, le garçon devenu adulte fera de même dans le service de Dieu et de sa Patrie.
Concrètement, BP attire les jeunes gens (de 12 à 17 ans), les place dans la nature sous la direction d'un chef à peine plus agé qu'eux, et aprennent par eux-même, en dehors des cadres habituels et d'un esprit trop militaire à se débrouiller en copiant ce que faisaient les coureurs de steppe dans les colonies: bien connaître la nature, y survire, y dormir, y manger, tout en développant des connaissances et des dons pour servir de mieux en mieux son prochain. Ces activités se vivaient les jours de congés, dans des troupes d'une trentaine de garçons constituées en quatre patrouilles de 7 ou 8 garçons.La grande nouveauté découlait de l'acceptation d'une loi positive en 10 articles, que le jeune scout s'engageait solennellement à observer, sur l'honneur, aussi bien dans le cadre de la vie associative qu'à la maison et tous les jours.
En 1910, le scoutisme est étendu
aux plus jeunes, et naissent les louveteaux (8-11 ans). En 1916
les Guides, et en 1917 les Routiers (17 ans et +). Et déjà
le scoutisme a franchi les mers: Chili, puis France, Scandinavie, USA.
En 1920, BP est nommé chef scout mondial.
ET LES FILLES ?
Ce sont elles qui ont réclamé leur part dans le scoutisme. BP n'avait pas d'abord pensé à elle, mais devant l'engouement que le scoutisme provoquait, il s'est réjoui de voir ces demoiselles prêtes à se lancer dans l'aventre. Puisqu'il donnait aux scouts des exemples tirés des mythes de la chevalerie, de l'indianisme, il voulut en donner aussi aux jeunes filles.
Dans Girl Guiding édition revue en 1918,
BADEN- POWELL a donné les exemples d'infirmières, de cuisinières, de blanchisseuses,
d'ordonnances et de messagères militaires, de chauffeuses d'usines ayant ainsi
servi durant la guerre de 14-18 ; ceux de jeunes femmes devant aller vivre dans
les colonies capables de se tirer d'affaire dans un environnement sans confort
et sans doute dangereux. Dans ce livre, BADEN-POWELL narre quelques aventures
de " femmes aux confins du monde civilisé ", de quoi créer l'enthousiasme !
Certains passages ne manqueront pas d'intriguer et même d'indigner... Aux pages
47 et 48 de la 5ième édition française (1945) nous pouvons lire l'histoire d'une
femme qui parvint à se cacher quand sa ferme fut attaquée en l'absence de son
mari. Quand les secours arrivèrent, tous les serviteurs indigènes avaient été
tués. " La seule émotion qu'elle montra fut son immense soulagement en apprenant
qu'un de ses domestiques avait tué un des brigands qui emportait sa machine
à coudre au moment où celui-ci allait la jeter dans un puit... " II s'agit peut-être
d'humour anglais ! "Permettez-moi de répéter encore
que le succès dans sa carrière n'est ni le but unique ni la suprême joie de
la vie d'une jeune fille. Elle a devant elle une récompense qui est d'autant
plus douce qu'elle a été acquise par un dur travail, la récompense glorieuse
d'une union selon son cœur et d'un foyer qui soit le sanctuaire de sa vie. Elle
partagera ce bonheur avec un mari qui sera son ami et son protecteur. Même si
elle est consciente de sa force et indépendante, c'est une joie de sentir la
protection d'un bras fort " (pages 165 et 166 de l'édition française
de 1945). Pourquoi Guide et non Scoute ? Car comme les guides de montagne
(pages 49 et 51 de l'édition française de 1945), elle accompagne, elle aide
les autres à mener à bien leurs entreprises. Les Scouts (éclaireurs) découvrent
et ouvrent la voie aux autres ... De plus " ... une
femme qui est capable de se tirer d'affaire est respectée aussi bien par les
hommes que par les. femmes. Ils sont toujours prêts à suivre ses conseils et
son exemple, elle est leur guide ". Bien sûr, la traduction est peut-être
mauvaise ...
(renseignements pris auprès des Guides Catholiques de
Belgiques, merci à elles(site ici))
Comme emblême du Scoutisme, il choisit la fleur de lys, comme symbole de pureté et de paix, mais surtout parce qu'elle indique la bonne direction (le haut, la nord sur les vieilles cartes) sans tourner à droite ni à gauche. Elle est aussi dans ses armes...
En France quelques pasteurs protestants lancent les premières troupes d'Eclaireurs et obtiennent vite le succès. Les troupes sont formés à 75% de Jeunes Catholiques. Un pasteur remarque naïvement que par le scoutisme l'idéal de la Réforme va pénétrer les familles catholiques... Le Chanoine Cornette rencontre à Meudon les Éclaireurs rassemblés, dont les 3/4 sont catholiques. Il s'en inquiète auprès de ceux-ci et s'attire la réponse suivante d'un jeune chef de patrouille: "C'est de votre faute! Pourquoi n'y a-t-il pas de scouts catholiques!?".
Les évêques commencent par rejeter le scoutisme, car il provenait d'un protestant (fils de pasteur), militaire et général de l'armée anglaise, et prétendu issu de la franc-maçonnerie (anglaise, qui est très différente de la franc-maçonnerie française condamnée par l'Eglise).
Quelques initiatives voient le jour cependant: En
1910 naît une troupe d'éclaireurs de France (neutre); en 1911,
les eclaireurs des Alpes (catholiques), fondés par l'abbé d'ANDRÉIS;
une troupe d'éclaireurs Unionistes
(protestants); les scouts du mâconnais en 1912 (la Milice St Michel du
Creusot, puis les Éclaireurs Mâconnais et l'Avant Garde St Lazare à Autun),
et des petits groupes sans liens les une avec les autres, parfois non explicitement
scouts à cause du désaccord des hierarchies.
Par exemple, à Paris, l'abbé CORNETTE,
paralysé des deux bras mais de grande ardeur pastorale, est rejoint par
le scoutisme en 1917 grâce aux deux frères COZE, âgés
de 14 et 15 ans, qui ont vécu le scoutisme à l'étranger,
et ne peuvent plus le vivre en France. Aidé du Eclaireur de BP,
il fonde les "Entraîneurs catholiques de France".
(Il est l'auteur de la célèbre maxime: "meilleurs
scouts parce que catholiques, meilleurs catholiques parce que scouts").
En 1911, BP envoie de Londres une Troupe de Scouts anglais en Belgique pour aider à l'implanttion du mouvement. L'année suivante, Jean Corbusier y lance officiellement le mouvement, grâce à l'aide du Père SEVIN. Mais il règne une grande hétérogénéité entre ces troupes, et elles ne sont pas encore au point au niveau scoutisme. Le Jésuite Jacques SEVIN, parti en Belgique pour ses études, découvre le scoutisme. Il fait une enquête à sa source, en Angleterre. Là bas, le scoutisme catholique était soutenu par le cardinal de Westminster. Il rencontre le général Baden Powell, et comprend à quel point il serait bon de développer un scoutisme catholique. Il commence à concrétiser son idée en 1914 en Belgique, clandestinement à cause de la guerre, et en 1918 lance une association de scouts de France.
Mais en France, la nécessité d'un mouvement vraiment catholique se fait jour, réclamée par la jeunesse. On ne veut pas faire fusionner les mouvements; comme en Angleterre, entre protestants et neutres, laissant à chaque mouvement le choix de sa religion. Le chanoine Cornette est convaincu lui aussi qu'il faut créer une fédération capable de prendre place dans l'action catholique naissante. Nous sommes en 1920, mais les discussions n'avancent pas, chaque groupuscule voulant conserver son identité. Découvrant l'action du Père Sevin, il parvient à faire imposer son point de vue sur le scoutisme catholique, et le 25 Juillet 1920 est créée la "Fédération Nationale Catholique des Scouts de France", pressée par l'annonce d'un Jamboree à Londres, premier rassemblement mondial des scouts.
En 1912 fut instituée la promesse à DIEU et à l'église ( BP avait institué la promesse à Dieu et au roi). L'article 3 est modifié vers une résonnance plus chrétienne: "Servir et sauver son prochain" (au lieu de "to be useful and to help them": être utile aux autres et leur venir en aide)
![]() |
En 1920, donc, le Père Sevin (grand ami de BP et jésuite, surnommé "renard noir") fonde l'association du Scoutisme Français (avec le général de Maud'huy, et le chanoine Cornette, qui est ambassadeur des scouts auprès des évêques et du Pape, et surnommé "vieux loup" , et Edouard de Macedo). Le Père Sevin reçoit l'autorisation de Baden-Powell d'organiser des camp-école d'égale valeur internationnale que celui de Mac-Laren en Angleterre (c'est dire la confiance qu'il a en lui), ce qu'il fait à CHAMARANDE. Il faut dire qu'il est l'une des rares personnalités à accepter toutes les nouveautés de la méthode de scoutisme de BP. Sa compréhension admirative du scouting fit qu'il transforma la déjà très rezmarquable méthode déiste de Baden Powell en un mouvement magnifié, dirigé, orienté par et vers le Christ lui-même.
Il se bat, et défend vigoureusement devant les autorités ecclésiale le scoutisme. Il dément à Rome qu'il soit protestant, ni naturaliste, ni encore moins Franc-Maçon (BP l'était, à la façon déiste anglaise, mais pas le scoutisme une fois remanié par le père Sevin). Il définit un esprit scout particulier, et voit très loin. Il envisage même un monde scout, avec création d'école et entraide sociale, ordres religieux, et un des meilleurs moyens de s'opposer au socialisme (à l'époque équivalent au communisme et très anti-religion). Il fut très critiqué par ses collaborateurs (comme preque tous les saints) ce qui conduisit à son renvoi en 1933, après avoir été 10 ans mestre de camp à Chamarande. Il l'accepta avec humilité.
En attendant, il
avait placé à la base de l'éducation scoute l'Amour
(aimer le jeune tel qu'il est, et pour ce qu'il est appelé à être),
la Joie (celle de l'oubli de soi, celle qui est contagieuse), et la Confiance
(comme disait BP: "même dans les pires canailles, il y a toujours
5% de bon. Croire sur parole, et croire capable du mieux").
Il a découvert
une véritable spiritualité scoute: ascèse, recherche des
Vertus : FRANCHISE,
DEVOUEMENT, PURETÉ,
donner par le contact de la nature une mentalité de campeur (c'est
à dire "d'homme vraiment libre, indépendant des lieux et des biens,
homme qui ne tient à rien, pas même à sa tente, et qui par
conséquent, est toujours prêt.". C'est la spiritualité de
la Route.)
Le père Sevin a également créé de nombreuses traditions joyeuses et toujours vivantes, et nombre de chants scouts qui sont repris joyeusement aujourd'hui encore.
Son procès de béatification est en cours.
Les autres personnes à l'oeuvre
D'autres
hommes ont encore aidé considérablement à l'évolution
du scoutisme. Parmi eux, il y eut le Père Doncoeur,
jésuite comme le Père Sevin, qui aidé du Père
Forestier, un dominicain, va exhumer de l'Histoire des récits
gonflés d'idéal.
Il y a encore Paul Coze (visible en général
dans une tenue de cowboy), parti en Amérique qui partagera sa vie entre
les tribus cheyennes et les troupes scoutes. Il en rapportera la totémisation
(qui se passait alors selon un mode tout à fait différent d'aujourd'hui,
en public, et certaines interdictions qui ont dû s'imposer proviennent
de la perte de l'esprit initial de la totémisation), et aussi sa passion
des immenses pays perdus.
Nous avons aussi l'honneur de pouvoir citer Guy
de Larigaudie parmi les nôtres, véritable
Globe-Trotter, qui quittait dès qu'il le pouvait son château du
Périgord pour aller chevaucher aux quatre coins du monde. Il raliera
Saïgon depuis un jamboree en Hollande avec "Jeanette", qui sera
la première automobile à franchir l'Himalaya. Il désirait
soigner les lépreux en Nouvelle-Calédonie. Mais il fut fauché
à 28 ans par les mitrailleuses allemandes sur son cheval, en 1940...
Enfin, on ne peut pas omettre Marcel Callo, qui
fit sa Promesse en 1934. Il sera conduit dans les camps de concentration 10
ans plus tard à cause de sa foi, où il apportera une lumière
dans la nuit de chacun. Il fut béatifié par Jean-Paul II
En 1920 débutent
les SdF. En 1924, le mouvement s'étend à 9 provinces.
En 1927, l'association
est reconnue d'utilité publique.
En 1939, la guerre perturbe tout le mouvement. 7000 chefs partent aux armées
défendre la Nation! (oui, à l'époque ce mot avait encore
un sens!!). Les scouts se retrouvent isolé: 14 000 000 de frères
coupés les uns des autres.
Nous
devons lire avec respect ce qu'ont fait nos aînés.
3000 scouts sont mort aux champ d'honneur, pour la france, souvent en héros...
(Jacques Desplat, Maugey, Hugues de Montmorin, Guy de Larigaudie...) et combien
d'autres. 7000 chefs vécurent les camps de prisonnier.
Pendant la guerre,
le scoutisme survécut clandestinement en zone occupée. En 1940,
le gouvernement de Vichy organise et subventionne le regroupement des quatre
mouvements de scoutisme en état dans la zone sud (libre), en une Fédération
du Scoutisme français qui perdure encore aujourd'hui dans la même
règlementation.
En zone occupée, beaucoup de chefs devienrent résistants,
et beaucoup périrent. (Un mémorial fut construit dans le village
de Riaumont).
Paradoxalement, le mouvement évolue en zone Nord aussi, grâce entre autre à Pierre Delsuc. Sans uniforme et avec mille ruses, le scoutisme catholique fonctionna avec sa hiérarchie et sa pédagogie ! Mais ce ne fut pas sans accidents, et des scouts attrappés le payèrent cher.
En 1942, le Père Paul DONCOEUR s'intéresse au scoutisme, et surtout à la branche aînée, les routiers. Il organise pour eux un pélerinage en Août 42 au Puy, et en dépit des difficultés pour la zone Nord, près de 10 000 participants (non tous scouts) prièrent pour la libération des prisonniers et de la France.
L'APRÈS
GUERRE
La reconstruction

En 1945, le rassemblement se fait malgré les douleurs et les chagrins.
En 1944, les équipes nationales Nord et Sud des Scouts de France peuvent se rencontrer pour la première fois depuis 1940, pour faire face à la nouvelle situation. Le gouvernement voulu montrer sa reconnaissance envers le mouvement scout. A la St Georges 1945, plus de 40 000 scouts et guides français de tous mouvements défilèrent sur les champs élysé, en uniforme de fortune, devant lady Baden Powell, veuve du fondateur mort au Kenya en 1941.
Les adhésion aux SdF battaient tous les records en ces années: 100 000 scouts et 15 000 routiers.
Le chef Georges Gauthier, revenu des camps de prisonniers, accepta la lourde tâche de la direction générale en 1946. Mais après le Jamboree de la Paix tenu en France en 1947 (visité par le président de la République), il se rendit compte qu'il manquait de cadres, et s'efforça d'opérer une reprise de conscience des valeurs spirituelles telles que voulue par le Père Sevin. C'est que les "valeurs" américaines de consommation avaient pris le pas !
Mais un nouveau problème survint. Le communisme désinformait les peuples, et beaucoup se laissaient piéger, et se rangeaient du côté de ceux qui luttaient contre le national-socialisme (NAZI), et présentaient un gouvernement idyllique comme en Russie, et des martyrs en grands nombre (amplifiés à l'extrème). Beaucoup de scouts de France cherchaient à comprendre chrétiennement les espoirs des jeunes communistes et leur revendication. Le plus grand danger provint d'héritiers de la pensée du philosophe Mounier (qui furent condamnés par Rome) et qui sous couvert d'idée certainement généreuse servaient à achever l'émergence du marxisme. Ils travaillèrent à faire bouger le mouvement Scout de France: "se régénérer ou mourir" disaient-il. (n'est-ce pas ce que l'on entend encore parfois de ci de là?)
Le commissaire général Gauthier résista jusqu'en 1953, date de la fin de son mandat, avec l'aide du Père Forestier, aux velléités de Mr Goutet et Cruiziat, anciens chefs et instigateurs du "Grand chambardement", comme ils l'appelaient.
Il fallut l'intervention
salutaire de Michel MENU
pour soutenir efficacement le scoutisme. Il créa les RAIDERS,
pour renouveler le scoutisme d'âge éclaireurs. Il proposait un
dépassement supplémentaire, un renouvellement des activités,
pour se perfectionner sur le plan technique, physique mais aussi spirituel.
Cela a beaucoup plu. L'niforme fut adapté, la langage plus direct, les
situations plus crédibles, utilisation d'un matériel plus moderne,
et on attirait par les raids de l'extrème. Il créa aussi le concept
des patrouilles libres pour développer le scoutisme dans les régions
sans chefs.
La route, elle, s'amenuisait à 3000 membres.
En 1953,
G. Gauthier est remplacé par Michel Rigal, élu pour 18
ans à la tête du mouvement, et tout acquis au grand chambardement.
Il avait le temps pour agir en douceur. Lebouteux organise la réforme,
et en 1964, à la Pentecôte, sur le thème, "pour un
monde en voie de socialisation", c'est l'aboutissement. Rigal accepte tout:
nouvelle séparation des tranches d'âge, nouvel uniforme voyant,
fin du système des patrouille tel qu'inventé par BP (fin du chef
de patrouille), modification de la loi et des traditions positives du scoutisme
catholique, jeu remplacé par le chantier, la nature perd son rôle
éducatif.
Dans quel but ? ...
Beaucoup de bons esprits n'avaient pas dépassé le côté exotique du scoutisme. Beaucoup, mais pas tous, car dans un petit coin de France, de petites équipes réfléchissaient...

Une bande de SUF soudée
©Koala
SUITE
è
La formation des SdF, des
Scouts d'Europe; Les SUF