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Af' Le Loup Membre confirmé(136) Nous a rejoint le: 03 Juil 2004 messages: 3642 Lieu d'origine: Fontenay-aux-Roses (92)
| | | Posté le: 29-11-2007 à 14:14 |
Tu risques de t'énerver tant que tu n'auras pas compris ce que j'ai écrit. Si tu veux bien chausser des lunettes (je peux t'en recommander ), tu verras que pour moi la culpabilisation (des proches envers la victime) n'est justement pas le pardon, mais au contraire un obstacle au pardon.
Je ne cherche pas à justifier ce sentiment (ce que tu sembles croire), je dis qu'il existe et qu'il mérite d'être pris en considération pour être éventuellement combattu. Devant un drame on éprouve généralement le besoin de désigner un coupable. Comme on refuse d'haïr le meurtrier (surtout si on ne le connaît pas personnellement), on se retourne parfois contre soi-même.
En tout cas j'aurais du mal à me dédouaner moralement de la disparition d'un proche. Si je ne peux me reprocher de n'avoir pas été là pour empêcher le drame imprévisible, je me reprocherais de ne pas avoir rendu sa vie un peu meilleure quand j'en avais la possibilité. J'ai connu un deuil très récemment et j'ai effectivement ressenti cela. Ce regret est plus fort que la haine ou la colère qui me ferait crier à l'injustice et appeler à la vengeance.
Au fond qu'est-ce qui te gêne tant pour parler d'amour s'agissant du pardon? Aimer ne consiste pas seulement à montrer des marques d'affection ou couvrir de cadeaux. On n'aime pas son ennemi de la même façon qu'on aime ses enfants ou ses amis. Il n'empêche que cet amour est authentique car il suppose un sacrifice. Aimer c'est donner à chacun ce dont il a besoin dans la mesure de nos moyens, non?
Af'
| Af' Le Loup Membre confirmé(136) Nous a rejoint le: 03 Juil 2004 messages: 3642 Lieu d'origine: Fontenay-aux-Roses (92)
| | | Posté le: 29-11-2007 à 15:50 |
Citation: Le 2007-11-29 13:35, lambertine a écrit
Je vais peut-être m'énerver, mais la culpabilisation envers la victime n'a strictement rien à voir avec le pardon. oserai-je dire : la victime a souvent bon dos (et a souvent d'autant plus bon dos qu'on ne la connaît pas...)
Je t'ai peut-être mal comprise et te prie de m'en excuser si c'est le cas. (Af' -> )
Il ne s'agit pas dans mon idée d'utiliser la victime comme prétexte pour refuser le pardon. Je considère ici la situation d'un proche qui est capable de pardonner, qui veut pardonner mais qui éprouve des scrupules à le faire parce qu'il a l'impression d'agir contre la volonté (présumée) de la victime. Par respect pour sa mémoire, on ne se sent pas trop le droit de pardonner "à sa place" en quelque sorte parce qu'on a l'impression d'user d'un bien qui ne nous appartient pas. Certes on peut pardonner l'agresseur dans la mesure du préjudice qu'on a subi uniquement en tant que proche, mais comme on n'a pas l'approbation de la victime, c'est quand même délicat.
Ce scrupule (terme peut-être plus approprié que "culpabilité") pourtant basé sur la bonne volonté est pour moi un frein au pardon.
Af'
| Kiwi_ Progressant(82) Nous a rejoint le: 22 Nov 2007 messages: 23 | | | Posté le: 29-11-2007 à 18:01 |
Finalement, je suis d'accord avec toi, Af', quant aux scrupules qu'on peut avoir à pardonner le mal qui a été fait à quelqu'un d'autre.
Mais en y réflechissant, on ne peut pardonner à quelqu'un que le mal qu'il nous a fait personnellement. Ainsi, c'est à nous de pardonner ce que tu appelles "le préjudice subi en tant que proche", mais ce n'est pas à nous de pardonner à la place de la victime la souffrance qu'elle a subie. Nous pouvons pardonner le manque, la peine, la solitude parfois les regrets que la perte d'un être proche nous cause, mais ce n'est pas à nous de pardonner la souffrance subie par cette personne.
(bon, encore une fois, c'est de la théorie, dans la pratique, ce n'est pas si simple)
Pour ce qui est d'aimer celui qui nous a fait du mal, il ne faut pas oublier le sens littéral du mot "pardonner", il s'agit du superlatif de "donner"...
Mais aimer son ennemi ne signifie pas devenir son ami, lui faire confiance, ni établir quelque relation que ce soit avec lui. Mais cela veut dire le regarder comme un homme, comme une personne, comme son prochain... et à ce titre, lui vouloir du bien, le plus grand bien, voir Dieu.
| Miss Pomme Membre confirméScène - Artiste (118) Nous a rejoint le: 12 Mai 2005 messages: 3402 Lieu d'origine: ...je ne suis pas parisienne...
| | | Posté le: 29-11-2007 à 18:12 _x_ |
Reprenons un peu plus en amont...
Au baptême, que recevons-nous ? La foi, l'espérance et la charité.
La foi se greffe sur l'intelligence, l'espérance sur la mémoire et la charité sur la volonté.
Je n'expliquerai que ce dernier point puisque c'est lui qui nous intéresse.
En effet, nous pouvons vouloir aimer quelqu'un (l'amour n'est pas qu'un sentiment, il faut aussi un minimum de volonté ). Mais nous sommes humains et nous ne pouvons pas aimer infiniment. C'est là que la charité arrive ( ). La Charité est un don de Dieu, ne l'oublions pas. Donc avec elle, nous pouvons aimer infiniment.
Ceci était le premier point.
Deuxième point, comme l'a dit Af', Jésus ne s'est pas contenté de ne pas haïr mais il a aimé.
Bon, on pourrait dire que c'est son trip et que voilà, nous on est nous et qu'on ne peut pas faire grand chose. Mais seulement, Jésus a dit qu'il fallait faire comme lui. Arglh J'avais pas pensé à ça quand je me suis fait baptiser !
Quel bel enchaînement...
Justement, au baptême, Dieu nous a donné les outils qu'il nous faut pour arriver à faire comme Jésus (ie dans le cas qui nous intéresse, pardonner à nos ennemis et en particulier à nos bourreaux). Il a tout prévu. On ne peut pas y échapper !!!
Par contre, il n'a pas dit combien de temps il nous faudrait pour pardonner. Pour certains saints (à commencer par Jésus), le pardon est immédiat (alors même que les bourreaux n'ont pas demandé pardon); et aussi comme Saint Etienne pour ne citer que lui.
Pour d'autres, le pardon peut mettre plus de temps à venir. Le principal était de pardonner et non pas de compter en combien de temps nous sommes arrivé à ce pardon.
Parce que même si en tant que baptisés nous avons les "outils" qu'il faut, eh bien, il faut savoir s'en servir. Parfois, il faut remettre à neuf des outils un peu usés... Alors ça peut prendre plus de temps.
C'est pour ça aussi qu'il faut "s'entraîner" à pardonner même pour des "petites offenses".
Bon, c'est bien facile à dire. Au boulot maintenant.
Vous me ferez 1 exercice de pardon par jour.
| Af' Le Loup Membre confirmé(136) Nous a rejoint le: 03 Juil 2004 messages: 3642 Lieu d'origine: Fontenay-aux-Roses (92)
| | | Posté le: 29-11-2007 à 20:40 |
En effet, le Christ nous demande bien d'aimer nos ennemis, de prier pour ceux qui nous persécutent. Or la seule façon d'aimer nos ennemis c'est de leur pardonner. Et prier pour ceux qui nous persécutent ne consiste évidemment pas à intercéder pour qu'ils parviennent à leurs fins (ce serait du masochisme) mais pour qu'ils se laissent guider par Dieu sur la voie de la justice. Prier pour le salut de leurs âmes est sans doute la plus grande preuve d'amour qu'on peut manifester envers nos ennemis.
Af'
| Af' Le Loup Membre confirmé(136) Nous a rejoint le: 03 Juil 2004 messages: 3642 Lieu d'origine: Fontenay-aux-Roses (92)
| | | Posté le: 30-11-2007 à 06:54 |
Citation: Le 2007-11-29 12:03, lambertine a écrit
(...) Par contre, non, catéchisme ou pas, pardonner ne signifie pas nécessairement "aimer" (ce qui au passage signifierait faire passer dans son coeur celui qui vous a fait du mal avant ceux qui ne vous ont rien fait mais pour qui vous n'éprouvez rien) (...)
C'est pourtant ce que le Christ attend de nous (Cf le berger qui abandonne le troupeau pour aller chercher la brebis égarée). Il ne s'agit pas de haïr ceux qui ne nous ont rien fait, mais de prier pour le salut de celui qui en a le plus besoin, à cause de son péché. On peut même prier pour qu'il aille en prison dans la mesure où l'incarcération l'empêche de commettre le mal à nouveau et de s'éloigner davantage de Dieu. Mais souhaiter qu'il aille en prison et souffre parce qu'il le mérite et que "c'est bien fait pour lui" n'est pas très chrétien.
Af'
| Mr Isatis renard polaire(202) Nous a rejoint le: 10 Mai 2004 messages: 4217 Lieu d'origine: Gavy-Saint Nazaire
| | | Posté le: 29-12-2007 à 21:49 |
Un film intéressant d'après l'oeuvre de Soeur Helen Prejean.
Je l'ai trouvé parfois un peu too much à mon goût, mais il aborde le sujet du pardon de manière intéressante.
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